De bons résultats d’entreprise ne rétablissent pas la confiance des employés

Guy J. Giguère3 septembre 2026
De bons résultats d’entreprise ne rétablissent pas la confiance des employés

Une entreprise peut annoncer de solides résultats pendant que ses employés restent incertains devant l’avenir.

La contradiction s’efface dès qu’on voit la confiance comme une relation plutôt que comme un indicateur financier. Les employés ne demandent pas seulement si l’organisation est rentable aujourd’hui. Ils demandent si les dirigeants prendront des décisions justes, si leur poste a un avenir, s’ils pourront progresser et si l’information importante leur parviendra avant les conséquences.

Ces questions sont devenues plus pressantes au milieu des licenciements, des postes redéfinis par l’IA, d’une embauche prudente et des réorganisations à répétition. De bons résultats rassurent les investisseurs sans dire à un employé ce qui arrivera à son équipe.

À Indeed FutureWorks 2026, Owen Humphries, président de Glassdoor, a décrit la confiance des employés envers la haute direction comme étant à son plus bas malgré de fortes performances d’entreprise. Il a pointé trois fondamentaux communs aux organisations où la confiance est plus élevée : la culture et les valeurs, le développement de carrière et la communication honnête.

Ce ne sont pas des ajouts accessoires à la performance. C’est la façon dont les employés interprètent ce que cette performance signifie pour eux.

La confiance mesure si les gens se situent dans l’avenir

L’indice de confiance des employés de Glassdoor a atteint un creux record en avril 2026 : 43,8 pour cent des employés exprimaient une perspective d’affaires positive pour les six mois à venir. La mesure reflète ce que les travailleurs disent des perspectives de leur employeur, pas simplement les bénéfices actuels.

Un employé peut croire que l’entreprise survivra tout en doutant que son poste survive. Il peut voir une croissance des revenus à côté de coupes d’effectifs, des investissements technologiques à côté de plans de main-d’œuvre flous, ou un engagement public envers le développement à côté de promotions gelées.

La confiance baisse quand les gens n’arrivent pas à relier le récit de l’entreprise à un chemin personnel crédible.

La culture dit aux employés comment l’incertitude sera gérée

Les valeurs comptent surtout lorsqu’elles contraignent une décision difficile. Si le respect, la transparence ou le développement des personnes s’évaporent sous pression, les employés apprennent que ces valeurs décrivent les bonnes périodes plutôt que l’organisation.

La culture vit aussi dans les habitudes locales : comment les gestionnaires expliquent un changement, qui reçoit les occasions, si le désaccord est sans danger et ce qui arrive après une erreur. Les dirigeants influencent ces habitudes par les comportements qu’ils récompensent et ceux qu’ils tolèrent.

Les employés n’ont pas besoin que chaque décision leur soit favorable. Ils ont besoin d’assez de constance pour comprendre comment les décisions se prennent et si les principes énoncés ont une portée réelle.

Le développement rend le changement moins menaçant

Le développement de carrière redonne du pouvoir d’agir dans un environnement incertain. Une personne ignore peut-être comment son poste évoluera, mais elle peut voir quelles capacités prennent de la valeur, où se trouvent les occasions internes et comment l’organisation l’aidera à se préparer.

Sans ce chemin, les messages sur la transformation ressemblent à un avertissement de devenir plus adaptable, sans repères ni temps pour le faire. Un catalogue de formations n’est pas une stratégie de développement. Les gens ont besoin de pratique pertinente, de rétroaction, d’exposition à du travail nouveau et de gestionnaires capables de discuter honnêtement des directions possibles.

La mobilité interne est un signal particulièrement visible. Une organisation qui comble ses postes en évolution avec ses propres employés démontre que l’adaptation crée des occasions. Celle qui restructure sans cesse et recrute à l’externe envoie un tout autre message.

Une communication honnête peut contenir une réponse incomplète

Les dirigeants retardent souvent la communication jusqu’à ce que le plan soit final. Cela crée un vide d’information que les employés comblent avec des rumeurs et leurs expériences passées.

L’honnêteté n’exige pas de partager des délibérations confidentielles ni de prédire l’imprévisible. Elle exige de distinguer les faits, les possibilités et les décisions encore en cours. Un dirigeant peut expliquer ce qui change, pourquoi cela compte, qui est touché, ce qui reste à décider et quand viendra la prochaine mise à jour.

Des mises à jour répétées bâtissent plus de confiance qu’une seule annonce bien polie. Le silence entre les annonces laisse croire que la direction gère une perception plutôt qu’une relation.

Que devraient donc faire les dirigeants maintenant?

Traduisez la performance de l’entreprise en signification pour les équipes. Si les résultats sont solides, expliquez ce que cette solidité permet : investissement, stabilité, embauche, développement ou coussin contre le risque. Si elle ne protège pas tous les postes, dites-le plutôt que de laisser les employés y lire une promesse.

Rendez les parcours visibles là où le travail change. Montrez quelles compétences prennent de l’ampleur, comment les acquérir, quels mouvements internes sont réalistes et comment les gestionnaires soutiendront la démarche. Protégez du temps pour le développement, sinon il devient une exigence de plus par-dessus une charge déjà pleine.

Servez-vous des valeurs pour expliquer les arbitrages. Devant une décision difficile, décrivez les principes qui l’ont guidée et ce que vous avez fait pour réduire le tort causé. Vérifiez ensuite si les employés ont vécu la décision de la même façon.

Communiquez à un rythme qui résiste à l’incertitude. Une brève mise à jour disant « ce point n’est pas encore réglé » inspire souvent plus confiance que des mois d’attente. Donnez aux gestionnaires la même information et la place pour poser leurs questions avant qu’on attende d’eux qu’ils l’expliquent à leur équipe.

Enfin, mesurez la confiance localement autant qu’à l’échelle de l’entreprise. Des employés peuvent faire confiance à l’organisation et se méfier de leur division, ou se sentir en sécurité dans une équipe alors que l’ensemble paraît instable. L’intervention appartient là où l’expérience se vit.

La performance financière crée des options. La culture, le développement et la communication honnête déterminent si les employés croient que la direction les utilisera d’une manière qu’ils peuvent comprendre et à laquelle ils peuvent se fier.

Guy J. Giguère
Guy J. Giguère
Créateur du cadre RVEAL|

Guy Giguère, créateur du cadre psychométrique RVEAL et cofondateur de RVEAL, cumule quatre décennies de coaching en Amérique du Nord, en Europe et en Afrique, plus de 100…

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